Quand les Algorithmes Rencontre les Atomes : Retour sur la 1ère Édition de la Formation Pionnière « IA appliquée à la Physique et à la Chimie »
Monastir, Tunisie – Mai 2025 – Trois jours. Trois jours durant lesquels les équations ont dialogué avec les algorithmes, où les molécules ont croisé les réseaux de neurones, et où une trentaine de curieux éclairés ont redéfini leur rapport aux sciences fondamentales. Du 7 au 9 mai 2025, la Faculté des Sciences de Monastir (FSM) a accueilli la toute première édition de la formation « L’intelligence artificielle appliquée au domaine de la physique et de la chimie » – une initiative audacieuse portée par l’Association Tunisienne des Énergies Renouvelables (ATER) qui marque un tournant dans la manière d’enseigner, de rechercher et d’innover en sciences exactes en Tunisie.
Naissance d’une synergie improbable – et pourtant évidente
À première vue, le lien entre intelligence artificielle et sciences fondamentales peut sembler abstrait pour le grand public. Pourtant, depuis plusieurs années, l’IA révolutionne silencieusement les laboratoires du monde entier : prédiction de structures protéiques (AlphaFold), découverte accélérée de nouveaux matériaux photovoltaïques, simulation de réactions chimiques complexes, optimisation de procédés industriels…
« En Tunisie, nous formons d’excellents physiciens et chimistes, mais trop peu sont outillés pour dialoguer avec l’IA », souligne un organisateur de l’ATER. « Cette formation est née d’une urgence simple : ne pas laisser nos talents scientifiques à la traîne d’une révolution méthodologique mondiale. »
Trois jours pour passer de la théorie à l’action
Sous la houlette experte du Dr Imed Khabbouchi, maître-assistant à l’École Nationale des Sciences et Technologies Avancées de Borj Cédria (Université de Carthage), les participants – étudiants avancés, doctorants et jeunes chercheurs – ont embarqué pour un voyage pédagogique exigeant et stimulant :
🔬 Jour 1 – Les fondations : Au-delà du buzz autour du « machine learning », le Dr Khabbouchi a démystifié les concepts clés – réseaux de neurones, apprentissage supervisé, traitement de données massives – en les ancrant dans des problématiques physico-chimiques concrètes.
🔬 Jour 2 – La boîte à outils : Passage aux travaux pratiques avec des plateformes open source (Python, TensorFlow, bibliothèques spécialisées en chimie computationnelle). Manipulation de datasets réels : spectres IR à classifier, propriétés moléculaires à prédire, phénomènes thermodynamiques à modéliser.
🔬 Jour 3 – L’innovation en action : Projet collaboratif final où les équipes ont dû concevoir une solution IA pour résoudre un défi scientifique ouvert – de la détection automatisée d’anomalies dans des mesures expérimentales à l’optimisation d’un procédé de synthèse chimique.
« Ce qui m’a marqué, témoigne une participante doctorante en chimie, c’est de réaliser que l’IA n’est pas réservée aux informaticiens. En trois jours, j’ai appris à utiliser des outils qui vont accélérer mes recherches de plusieurs mois. C’est libérateur. »
Une alchimie humaine autant que technique
Au-delà du contenu scientifique, cette première édition a révélé une richesse humaine précieuse :
👏 Des participants passionnés : Venant de Sousse, Tunis, Sfax et Monastir, ils ont apporté une diversité de profils (physique théorique, chimie organique, génie des procédés) qui a fertilisé les échanges et les projets collaboratifs.
🛠️ Des organisateurs dévoués : Nabil Zeiri et Wissem Zrafi ont orchestré avec minutie logistique, ambiance et suivi pédagogique – veillant à ce que chaque participant se sente accompagné, quel que soit son niveau initial en programmation.
🏛️ Un soutien institutionnel précieux : Le Doyen de la Faculté des Sciences de Monastir a mis à disposition des salles équipées, des ressources informatiques et une ambiance propice à la concentration – rappelant que l’innovation pédagogique a besoin de l’appui des institutions académiques pour s’épanouir.
Et bien sûr, l’ATER en fil conducteur : association sectorielle des énergies renouvelables qui, par ce choix thématique audacieux, affirme une vision claire – la transition énergétique tunisienne passera par des ruptures scientifiques interdisciplinaires. Les cellules solaires de demain, les batteries innovantes, les catalyseurs verts : toutes ces avancées naîtront au croisement de la chimie, de la physique… et de l’intelligence artificielle.
Et après ? Vers une communauté de pratique durable
Cette première édition ne constitue pas un point d’arrivée, mais un départ. Les retours enthousiastes des participants – nombreux à réclamer une suite – ont déjà convaincu l’ATER de :
✅ Programmer une 2ème édition avant la fin 2025, avec des modules avancés
✅ Créer un groupe de travail « IA & Sciences Fondamentales » pour maintenir le lien entre participants
✅ Développer des ressources pédagogiques libres (notebooks, datasets tunisiens) pour démocratiser l’accès à ces compétences
✅ Explorer des projets de recherche collaboratifs émergeant de cette formation
Conclusion :
L’avenir des sciences tunisiennes sera interdisciplinaire ou ne sera pas
Dans un contexte où la course à l’innovation scientifique s’accélère à l’échelle mondiale, la Tunisie dispose d’un atout majeur : un vivier de talents en sciences fondamentales reconnu internationalement. Mais cet atout ne suffira pas sans une capacité à s’hybrider, à intégrer les nouvelles méthodologies computationnelles, à briser les silos disciplinaires.
Cette formation inaugurale, modeste en apparence mais profonde en impact, envoie un signal fort : une nouvelle génération de scientifiques tunisiens se forme, qui ne choisira pas entre physique/chimie et intelligence artificielle – mais qui les maîtrisera conjointement pour inventer les solutions de demain.
Bravo aux participants pour leur curiosité insatiable. Merci au Dr Imed Khabbouchi pour sa générosité pédagogique. Félicitations à Nabil Zeiri, Wissem Zrafi et à toute l’équipe ATER pour avoir osé ce pont entre disciplines. Et reconnaissance au Doyen de la FSM pour son soutien sans faille.
📸 Les images de ces trois jours – visages concentrés devant les écrans, échanges animés lors des pauses café, sourires de satisfaction devant un code qui fonctionne enfin – racontent mieux que tout discours la magie de l’apprentissage partagé.
L’IA n’est pas là pour remplacer le chercheur. Elle est là pour amplifier son génie. Et en Tunisie, ce génie-là est bien vivant. 🌱⚛️🤖



